lundi 28 février 2011

Small Yellow Label 90's

Ce matin c'est dimanche. Après avoir passé une excellente soirée la veille en compagnie d'amis, je me lève de bonne heure. J'allume l'ordinateur pour m'informer de la météo, qui, sur Bruxelles est souvent triste. La prévision est aux éclaircies.

Alors que je m'apprête à préparer le petit déjeuner, le soleil vient timidement caresser le plancher de mon appartement. La joie me rempli, je vais pouvoir jouer à "cherche printemps", faire des photos et boucler cet article; ce que j'attendais depuis plusieurs jours.

J'ai acquis dernièrement cette galette des années 90 à Essence of Tea. C'est un pu'er cru en recherche de maturité. Une chose qui m'a fortement marqué c'est son côté sain. Ici pas de trace de stockage humide.

Jouer à "cherche printemps", c'est observer les nuages dans le ciel, ressentir le vent. Capter les rayons du soleil pour imprimer l'expression juste sur les photos. La présence d'une jonquille, un brin de poésie...

Ce thé est simple. Vous n'aurez pas de description à vous faire saliver. Ce thé est sage. Il m'a appris un secret : prendre les choses pour ce quelle sont et ne pas chercher ce qui n'existe pas.

Update : J'ai discuté de ce thé avec un ami. La non régularité de surface de la galette est parlante. Il existe une méthode qui consiste à humidifier la galette de pu'er cru afin d'accélérer le vieillissement. Ces galettes molles sont par la suite séchées.

Ceci expliquerait le côté "cuit" de cette galette à la recette de pu'er cru. Expliquerait aussi la couleur sombre de l'infusion. Le résultat dans la tasse donne un thé entre le cuit et le cru.

lundi 21 février 2011

Minéralité de l'eau : la preuve par le tri

Section philosophie : La relation avec le minéral, la minéralité de l'eau.

Les débats vont bon train quand il s'agit de parler de la minéralité de l'eau. Il y a en fait deux écoles qui se côtoient. D'un côté le faiblement minéralisé et de l'autre le minéralisé.

J'ai eu l'occasion dernièrement de m'essayer à cet aspect. Et je dois dire que la vérité en la matière n'est ni d'un côté, ni de l'autre. La vérité vient de l'expérimentation.


Mais avant de parler de minéralité, je souhaiterais vous parler de tri des feuilles. Voir mon article ici. Le sujet du tri est bien vaste. Certaine régions productrices, certains producteurs ampute directement la récolte du plus lourd. Ceci afin de faire ressortir un homogénéité et une unité gustative. Si vous ne connaissez pas encore le site de Hojo, c'est le moment de commander des échantillons pour vous confrontez avec un/des thé(s) de cette gamme. Vous comprendrez de cette manière pourquoi leurs thés sont si rayonnants. Quand on ampute le quart de la récolte par le bas pour ne conserver que le haut de la qualité, le fameux rayonnement est des plus naturel.


Donc ce thé est amputé du plus lourd, amputé de ce que je nommerais une dimension "terre" (par contraste avec une dimension ciel). On est ici dans un tri physique.

Pour comprendre, le mieux est de faire le test vous-même. C'est simple prenez un plateau propre et placez dessus 20g ou 50g de thé. Appliquez un mouvement de va et viens de gauche à droite. (Si le thé ne bouge pas c'est qu'il est déjà trié/amputé.) Au bout de 20 à 40 secondes le thé est trié. Tracez 3 lignes parallèles de vous vers l'extérieur, vers le devant; pour former 4 quart équivalents. Enlevez le dernier quart. Conservez les 3/4, cette poignée de quelques dizaines de grammes pour faire des expériences avec l'eau. C'est tout pour aujourd'hui.

Quelques jours plus tard, ressortez cette poignée de thé et infusez une partie avec de l'eau faiblement minéralisée. Moins de 50mg/l de résidu à sec à 180°c. Comment sont les saveurs ?

Prenez une autre partie de cette poignée de thé et infusez la avec une eau minéralisée entre 100g et 250mg/l de résidu à sec. Comment sont les saveurs ? Ha, c'est mieux, n'est-ce-pas.

Et comme vous aurez pris soin de conserver une partie de thé non trié/amputé, vous aurez aussi le loisir de tester avec les deux types d'eau.


Ce qui c'est passé est très simple. En amputant le lot de thé de son quart inférieur, on lui enlève une dimension "terre", une dimension minérale si je puis dire. Il sera nécessaire de compenser cette perte par une eau plus minéralisée.

Alors qu'elle est l'origine de ce genre de tri ? Avoir une meilleur qualité de thé ? Ou tout simplement adapter un mode de récolte, de tri en fonction de l'eau à disposition dans la région ? A l'époque ou nous vivons cela n'a plus vraiment d'importance. L'essentiel réside dans le choix de l'eau en fonction de la qualité du thé. Une fois de plus c'est le thé qui a la parole et qui vous guidera.

lundi 14 février 2011

Mang Fei 2006 vs Min Feng 2006 de Yong De

Bon, je sais on en a déjà parlé de ces deux galettes. Peut-être pas sous forme de comparaison en parallèle, mais elles sont connues.

Ceci pour pour dire que cet article est juste une petite goutte de thé dans une grande théière :)

Mang Fei et ses larges feuilles.

Min Feng les feuilles sont plus petites.

La Mang Fei à gauche, La Min Feng à droite.


L'ingratitude de l'adolescence commence à toucher ces deux galettes de la firme Yong De. J'ai donc utilisé ma théière Zisha pour mieux analyser les différences et faire ressortir les particularités de chacune.

En vrac je vous donne mes impressions :
La Mang Fei est ample, masculine. Elle dégage des notes boisées, camphrées et légèrement fumées. Une biodiversité classique.

La Min Feng est féminine. Elle dégage des notes boisées dans lesquelles je retrouve le champignon, la mousse et le lichen.

Deux registres assez différents. Ma préférence va pour la Min Feng qui me procure une relaxation dans le corps. Dommage qu'elle n'a pas l'amplitude de sa grande sœur la Mang Fei. Les deux galettes ont une bonne endurance aux infusions ainsi qu'une longueur en bouche intéressante.

Sébastien en parle ici et ici.

lundi 7 février 2011

Da Ye 1992

C'est ma première commande chez Essence of Tea. Je commence par une entrée de gamme, un pu'er cru en vrac de 1992. Da Ye veut dire large feuille quand on parle de pu'er, c'est ce que nous apprend Babelcarp. Un outil de traduction très utile et pratique.


C'est un thé âgé de 18 ans. Je pense qu'il est à son apogée de la maturité. Les descriptions de David de Essence of Tea (EoT) sont assez fidèles à ce que j'ai pu découvrir. Un arrière goût lisse et long qui s'exprime en arrière de la bouche.


D'un point de vue gustatif on est dans un registre marin. C'est salé. Ce thé ma fait penser au bord de mer, à l'odeur du sel séché sur les rocher quand le vent vient du large. Il faut aimer. C'est un peu abrupte et ça manque de subtilité. C'est pourquoi David (EoT) le décrit comme un thé quotidien. Je suis de son avis.

Cependant ce thé est équilibré, il a une bonne persistance et une bonne endurance aux infusions. Les 100 g que j'ai acheté à l'aveugle me suffiront. C'est un juste milieu entre mes thés quotidiens et mes vracs de la Maison des Trois Thés.


En prenant les photos, je me suis aperçu que l'intérieur de mon bateau à thé se culottait. C'est un plaisir de voir ses ustensiles se patiner au fils du temps.


L'infusion est claire dans une gamme orangée et se boit bien. Ça coule bien en gorge. Pas d'accroche. Bref un thé correct et honnête pour le prix. Cela me donne envie d'explorer plus en avant la gamme de produit de EoT.