mardi 2 novembre 2010

Le rêve de l'Artisan Jardinier

Section philosophie : Essais sur la relation homme-plantation

Plantation sauvage, arbre x-centenaire, plantation de haute altitude. Autant de termes que la vente sait mettre en avant pour éveiller la curiosité de l'acheteur.

William passe du temps à parcourir les montagnes du Xishuangbanna à la rencontre du pu'er. Il n'hésite pas à user la semelle de ses chaussures, à parcourir la montagne à pieds. C'est grâce à sa collaboration que j'ai pu imager cet article.

Le sujet du jour est le fruit d'une réflexion personnelle prenant compte de la relation entre l'homme et la plantation :
* D'un côté l'ancien et le traditionnel, de l'autre l'intensif et le moderne.
* Où est le juste milieu entre une qualité et une quantité, entre une économie locale et une économie de firme?
* Quel est le rôle de l'homme dans la relation avec la plantation? Subir la nature ou l'exploiter?

Étant profondément incapable de traiter ce sujet dans un article objectif et scientifique. Je préfère vous raconter mon rêve.

Le rêve de l'Artisan Jardinier.

"J'étais là sur la montagne. La brume commençait à se dissiper et je voyais plus clair. De grands arbres m'entouraient, j'entendais le cris des oiseaux. J'étais dans la jungle du Bana. Je connais cet endroit pour y être venu plusieurs fois en rêve. Je sais que plus loin en contre bas il y a un chemin que je connais aussi. Je me mis à marcher et empruntais ce chemin.

Je parcourais la montagne à l'affût des Camélias Sinensis, les observais, les sentais, goûtais leur feuilles. Je me mis à ramasser des graines, celles des arbres aux longues feuilles, et les mis dans ma besace. Je continuais à marcher, à marcher encore. Je n'étais pas fatigué, pourquoi serais-je fatigué dans mon rêve?

Je cherchais" le lieux", celui où je me sens bien. Le lieux où la nature est généreuse, où la biodiversité est évidente. Le lieux où les senteurs vous viennent au nez. Je posais ma besace et commençais à défricher. Le plan étais simple, garder le meilleur de ce qui m'entourais et dégager le reste, le moins bon. Je conservais les camphriers par instinct, je conservais ces plantes qui sentent bon et ces arbustes aux fleurs magnifiques. De ce lieux j'en fis un jardin, un jardin de poésie.

Je m'asseyais sur un rocher affleurant et observais ce que je venais de créer. Les papillons volaient et affleurissaient sur les pétales qui s'offraient au soleil. Des rayons de lumière filtrées par les branches hautes venaient caresser la terre qui se réchauffait. C'était vivant, c'était tellement vrai dans ce rêve.

Je pris les graines dans ma besace et commençais à les trier, tout comme je l'aurais fait avec une récolte de Mao Cha. Puis je sorti ma théière et commençais à infuser quelques feuilles. Je dégustais la boisson et gardais un peu de ce précieux liquide dans un bol. A la fin de ma cession, je me leva et alla semer les graines de-ci de-là. Puis avec le reste de thé j'arrosais la terre.

Les arbustes se mirent à pousser. En quelques minutes ils avaient atteins la taille d'un Camélia de 3 ans. J'étais stupéfié. La nature semblait avoir donné le meilleur d'elle même. La main de l'homme-conscient avait fait son œuvre."

Fin